Article mis à jour le 20 septembre 2026 par M & F
Neuf mois après le lancement officiel de la réforme de la pension de réversion au 1er janvier 2026, l’heure est au bilan. Entre les annonces prospectives de 2025 et la réalité de septembre 2026, l’écart est saisissant : sur les six changements majeurs promis, un seul est réellement effectif. Le formulaire pré-rempli de la CNAV, opérationnel depuis mars 2026, simplifie effectivement les démarches des conjoints survivants. Mais le taux unique harmonisé, l’extension aux partenaires pacsés, la suppression de l’âge minimum ou l’assouplissement des plafonds de ressources restent en attente. Ce guide complet fait le point factuel sur ce qui a changé, ce qui reste identique, et les stratégies patrimoniales à anticiper pour préserver son niveau de vie en cas de veuvage.
Sommaire
Réforme de la pension de réversion : où en est-on au 20 septembre 2026 ?
Le calendrier initial de la réforme prévoyait une transformation complète du dispositif dès le 1er janvier 2026. À la mi-septembre 2026, neuf mois plus tard, la photographie officielle publiée par Service-Public.gouv.fr (mise à jour du 1er janvier 2026) montre une réalité beaucoup plus contrastée. Sur les six grands chantiers annoncés, un seul est effectivement entré en application.
Tableau récapitulatif : promesses de la réforme et état d’application
| Mesure annoncée pour 2026 | Statut au 20 septembre 2026 | Détail |
|---|---|---|
| Formulaire pré-rempli CNAV | EFFECTIF | Déployé depuis mars 2026 via le Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM) |
| Revalorisation annuelle | EFFECTIVE | +0,9 % au 1er janvier 2026 (coefficient 1,009) |
| Taux unique harmonisé | EN ATTENTE | 54 % régime général et 60 % Agirc-Arrco inchangés — négociations gelées |
| Ouverture aux pacsés et concubins | EN ATTENTE | Proposition de loi déposée en septembre 2025 non votée à ce jour |
| Suppression de l’âge minimum 55 ans | NON APPLIQUÉE | Le seuil de 55 ans reste la règle générale au régime de base |
| Assouplissement des plafonds de ressources | NON APPLIQUÉ | 25 001,60 € (seul) et 40 002,56 € (couple) toujours en vigueur |
Le contexte politique explique en grande partie ce ralentissement. La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026 a suspendu jusqu’en 2028 le calendrier de la réforme des retraites de 2023, y compris certains volets connexes. Les négociations entre partenaires sociaux sur le taux unique de réversion, initialement prévues au premier semestre 2026, ont été reportées. Résultat concret : pour les ayants droit qui ont perdu leur conjoint en 2026, les règles applicables restent celles héritées du système antérieur, à une exception près.
Formulaire pré-rempli CNAV : la seule vraie révolution de 2026
C’est la mesure phare effectivement entrée en vigueur en 2026. Depuis mars 2026, l’Assurance retraite adresse automatiquement aux conjoints survivants relevant du régime général un formulaire de demande de pension de réversion pré-rempli. Ce dispositif s’inscrit dans la démarche plus large de la Solidarité à la source, portée par le gouvernement pour lutter contre le non-recours aux droits sociaux.
Comment fonctionne le pré-remplissage automatique
Le formulaire est renseigné à partir du Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM), qui agrège en temps réel les revenus déclarés au fisc et à la Sécurité sociale. Lorsqu’un décès est signalé (via la déclaration à l’état civil et le circuit d’information administratif), la Carsat identifie automatiquement les éventuels ayants droit et déclenche l’envoi du formulaire dans un délai réduit.
Les données pré-remplies incluent :
- L’identité du demandeur et celle du défunt
- Les revenus d’activité et de remplacement des trois derniers mois civils
- Les pensions personnelles éventuellement perçues
- La situation conjugale (marié, divorcé, veuf)
- Les enfants à charge signalés dans les fichiers CAF
Trois erreurs à ne pas commettre avec le nouveau formulaire
Malgré son intention simplificatrice, le formulaire pré-rempli n’exempte pas d’une vérification attentive. Trois pièges reviennent régulièrement selon les retours des Carsat sur les six premiers mois d’exercice.
Premier piège : la validation implicite des données erronées. Le pré-remplissage vaut déclaration si le demandeur n’apporte pas de correction dans le délai imparti. Un revenu locatif oublié dans les bases DRM, une pension étrangère non tracée, un remariage non déclaré à l’état civil : autant d’omissions qui peuvent conduire à une régularisation ultérieure défavorable, avec récupération des sommes indûment versées.
Deuxième piège : les régimes complémentaires oubliés. Le formulaire CNAV ne concerne que la retraite de base. La pension de réversion Agirc-Arrco fait toujours l’objet d’une demande séparée, et le portail Info-retraite permet une demande unique dématérialisée valable pour l’ensemble des régimes. À défaut, le conjoint survivant peut perdre 60 % de la retraite complémentaire du défunt, souvent plus élevée que la pension de base.
Troisième piège : le délai des 12 mois. La date d’effet de la pension de réversion peut être fixée au premier jour du mois qui suit le décès, à condition de déposer la demande dans les douze mois suivant celui-ci. Passé ce délai, la pension prend effet à la date de dépôt et les mois écoulés sont définitivement perdus. Sur un conjoint décédé le 10 janvier 2026 mais dont la demande n’est déposée qu’en février 2027, huit à dix mois de pension peuvent s’évaporer.
Ce qui n’a pas changé au régime général au 20 septembre 2026
Contrairement à ce que laissait entendre le discours prospectif de fin 2025, les conditions substantielles de la pension de réversion du régime général restent identiques à celles de l’année précédente. La fiche officielle Service-Public.gouv.fr, actualisée au 1er janvier 2026, confirme point par point la continuité des règles.
Taux de 54 % maintenu pour le régime de base
La pension de réversion de l’Assurance retraite est toujours égale à 54 % de la retraite de base dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier le défunt. Ce taux, régulièrement présenté comme candidat à l’harmonisation dans le débat public, n’a pas été modifié. Le montant minimum garanti reste fixé à 334,92 € par mois (4 019,13 € par an) pour un défunt justifiant d’au moins 60 trimestres d’assurance au régime général.
Taux de 60 % maintenu à l’Agirc-Arrco
Du côté de la retraite complémentaire des salariés du privé, l’Agirc-Arrco maintient son taux de 60 % applicable au total des points acquis par le défunt. Aucune condition de ressources n’est appliquée, ce qui distingue toujours ce régime du régime général. En revanche, la règle historique demeure : le remariage entraîne la suppression définitive du versement, y compris rétroactivement si la caisse en est informée tardivement.
Mariage toujours obligatoire, pacsés et concubins toujours exclus
L’ouverture aux couples non mariés était annoncée comme l’une des transformations les plus attendues. Elle n’a pas eu lieu. La condition de mariage reste absolue, tant au régime général qu’à l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique. Le Pacte civil de solidarité (Pacs) et le concubinage ne donnent toujours aucun droit à réversion.
Une proposition de loi visant à étendre le dispositif aux partenaires pacsés a bien été déposée à l’Assemblée nationale en septembre 2025. Un an plus tard, elle n’a toujours pas été inscrite à l’ordre du jour pour un vote solennel. Les commentateurs prudents évoquent une adoption possible en 2027, au plus tôt, avec une entrée en vigueur qui serait de toute façon non rétroactive : seuls les décès postérieurs à la promulgation de la loi ouvriraient de nouveaux droits.
Âge minimum de 55 ans conservé
La suppression de la condition d’âge, régulièrement mise en avant dans les projets de réforme, n’a pas été actée. Le régime général exige toujours d’avoir atteint 55 ans pour percevoir la pension de réversion. Une exception notable subsiste à l’Agirc-Arrco, mais elle est ancienne : le conjoint survivant peut y accéder sans condition d’âge s’il a deux enfants à charge au moment du décès ou s’il est en situation d’invalidité.
Plafonds de ressources inchangés
Pour bénéficier de la pension de réversion du régime général, les ressources annuelles brutes du demandeur doivent rester inférieures à 25 001,60 € s’il vit seul et 40 002,56 € s’il vit en couple. Ces plafonds, révisés chaque année, n’ont pas fait l’objet d’un assouplissement particulier en 2026. Lorsque le montant de la pension de réversion cumulé aux autres ressources dépasse le plafond, la pension est réduite d’autant pour ne pas dépasser le seuil.
Point important à connaître : les revenus d’activité du demandeur sont pris en compte à hauteur de 70 % de leur montant seulement. Les revenus du conjoint décédé, les pensions de réversion des régimes complémentaires (Agirc-Arrco, MSA, professions libérales) et les revenus des biens acquis par succession du défunt sont exclus du calcul.
Calcul de la pension de réversion en 2026 : règles applicables
En l’absence de taux unique harmonisé, chaque régime conserve ses règles propres. Un conjoint survivant peut donc cumuler jusqu’à trois pensions de réversion selon la carrière du défunt : régime de base, régime complémentaire, régime spécifique (fonction publique, indépendants, professions libérales).
Régime général : formule et exemple chiffré
La formule est simple : pension de réversion mensuelle = 54 % de la pension de retraite mensuelle du défunt. Le résultat est ensuite comparé aux plafonds de ressources et éventuellement écrêté.
Cas pratique. Marie, 58 ans, perd son mari en juin 2026. Il percevait une retraite de base de 1 400 € par mois. Marie, qui a réduit son activité, perçoit 800 € brut de salaire mensuel, soit 9 600 € annuels. Ses revenus retenus pour le plafond s’élèvent à 6 720 € (9 600 × 70 %). Elle est en dessous du plafond de 25 001,60 €.
Le calcul de sa pension de réversion donne : 1 400 × 54 % = 756 € par mois brut. Additionné aux 6 720 € de revenus d’activité retenus, le total annuel atteint 15 792 €, largement sous le plafond. Marie perçoit donc l’intégralité de la pension de réversion sans écrêtement.
Agirc-Arrco : formule et exemple chiffré
Le calcul se fait sur le nombre de points de retraite complémentaire acquis par le défunt : pension de réversion = total des points × valeur du point × 60 %. La valeur du point Agirc-Arrco au 1er novembre 2025 s’établit à 1,4159 €.
Cas pratique. Reprenons Marie. Son mari avait accumulé 6 500 points Agirc-Arrco. La pension de réversion complémentaire s’élève à : 6 500 × 1,4159 × 60 % = 5 522 € par an, soit 460 € par mois. Cumulée à la pension de réversion du régime général, Marie perçoit 1 216 € par mois de réversion (avant CSG-CRDS).
Fonction publique : taux de 50 % sans condition de ressources
Pour les conjoints de fonctionnaires civils et militaires, la pension de réversion reste fixée à 50 % de la pension du défunt, sans condition de ressources ni condition d’âge. Elle est en revanche perdue en cas de remariage, de Pacs ou de concubinage notoire. Cette spécificité, historiquement plus généreuse dans l’accès mais moins dans le taux, n’a pas été alignée sur les autres régimes en 2026.
Majorations : les compléments qui font la différence
Le montant nominal de la pension de réversion peut être significativement augmenté grâce à plusieurs dispositifs de majoration, souvent mal connus des ayants droit. Ces compléments n’ont pas été modifiés par la réforme 2026.
Majoration de 10 % pour trois enfants ou plus
Les bénéficiaires ayant élevé trois enfants ou plus voient leur pension de réversion majorée de 10 %. Cette majoration s’applique automatiquement au régime général, sur la base des enfants déclarés dans le relevé de carrière. Le montant de cette majoration ne peut être inférieur au dixième du minimum garanti, soit 33,49 € par mois environ.
Majoration forfaitaire pour enfant à charge : 113,59 € par enfant
Un dispositif spécifique existe pour les conjoints survivants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la retraite personnelle mais qui ont des enfants à charge. Trois conditions doivent être réunies : ne pas percevoir de pension de retraite personnelle, être âgé de moins de 67 ans, et avoir au moins un enfant à charge (mineur, ou de moins de 21 ans en poursuite d’études, ou de moins de 21 ans en situation d’invalidité).
Le montant de la majoration est de 113,59 € par enfant et par mois, revalorisé chaque 1er janvier. Un conjoint survivant de 45 ans avec trois enfants à charge peut ainsi ajouter 340,77 € par mois à sa pension de réversion de base. Le versement s’interrompt lorsque le bénéficiaire perçoit sa propre retraite ou lorsque l’enfant n’est plus à charge.
Majoration de 11,1 % au-delà de 67 ans
Depuis 2010, une majoration de 11,1 % s’applique à la pension de réversion des bénéficiaires modestes ayant atteint 67 ans. Deux conditions cumulatives : avoir 67 ans ou plus, et disposer d’un total de pensions (retraite personnelle et pensions de réversion) inférieur à 3 020,07 € par trimestre. Lorsque le total dépasse ce plafond, la majoration est réduite pour maintenir le total pile au plafond.
Cas particuliers : divorces, remariages, ex-conjoints multiples
Conjoint et ex-conjoint : partage au prorata de la durée du mariage
Lorsque le défunt était remarié, la pension de réversion est partagée entre l’époux survivant et le ou les précédents époux divorcés, proportionnellement à la durée respective de chaque mariage. La durée de chaque mariage est déterminée de date à date, arrondie au nombre de mois inférieur.
Un point essentiel à connaître : l’ex-conjoint conserve son droit à la pension de réversion même s’il vit de nouveau en couple au moment du décès de son ex-époux, dans le régime général. Il perd en revanche ce droit à l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique en cas de remariage.
Remariage du bénéficiaire : conséquences différenciées
Le remariage du conjoint survivant produit des effets très différents selon le régime concerné. Au régime général, le remariage n’entraîne aucune conséquence sur le versement de la pension de réversion, tant que les plafonds de ressources restent respectés. À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le remariage entraîne la suppression définitive et irrévocable de la pension.
Cette asymétrie explique pourquoi de nombreux conjoints survivants préfèrent le Pacs ou le concubinage à un nouveau mariage : ils conservent la totalité de leurs droits à réversion tout en organisant une nouvelle vie de couple. Un choix patrimonial d’autant plus stratégique que la question de l’ouverture aux pacsés reste, comme évoqué plus haut, non tranchée.
Anticiper une pension de réversion insuffisante : stratégies patrimoniales
Face à une pension de réversion qui reste, pour la majorité des couples, inférieure aux besoins réels du conjoint survivant, plusieurs leviers patrimoniaux permettent de renforcer les revenus futurs. La bonne préparation se joue idéalement 15 à 20 ans avant l’âge de la retraite.
Le PER individuel : le pilier de la préparation retraite du conjoint survivant
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) individuel offre trois atouts majeurs pour anticiper une perte de revenus liée au veuvage. Premièrement, la déduction fiscale des versements permet de réduire l’impôt sur le revenu pendant la phase de constitution. Deuxièmement, la sortie en capital ou en rente à la retraite offre une flexibilité totale. Troisièmement, en cas de décès du titulaire, le capital est transmis au bénéficiaire désigné dans un cadre fiscalement avantageux, hors droits de succession dans certaines conditions.
Pour approfondir cette stratégie, consultez notre guide complet sur la checklist pour souscrire un PER individuel et notre analyse détaillée du taux de rendement du Plan Épargne Retraite. Pour les salariés, la piste du PER Collectif entreprise constitue souvent un premier étage de constitution du patrimoine retraite, avec l’abondement de l’employeur en prime.
Assurance vie : le couteau suisse de la succession
L’assurance vie reste l’outil de transmission par excellence en France. Les capitaux transmis au conjoint survivant désigné bénéficiaire sont exonérés de droits de succession (règle Loi TEPA de 2007). Pour les autres bénéficiaires, l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les versements effectués avant 70 ans permet de préparer une transmission optimisée. Un contrat d’assurance vie multi-supports bien piloté peut ainsi constituer un complément de revenus régulier pour le conjoint survivant, activable dès le décès.
SCPI et immobilier locatif : générer des revenus complémentaires
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent de percevoir des revenus locatifs réguliers sans les contraintes de la gestion en direct. Pour un couple préparant sa retraite, la constitution d’un patrimoine en parts de SCPI, tenu en démembrement croisé ou en pleine propriété, offre un revenu additionnel dont le conjoint survivant conserve la totalité en cas de décès de son partenaire.
Pour comprendre les mécanismes et choisir les bons véhicules, consultez notre guide complet sur les SCPI. La combinaison SCPI + assurance vie + PER constitue le socle patrimonial recommandé par la plupart des conseillers en gestion de patrimoine pour sécuriser le niveau de vie du conjoint survivant.
Autres pistes : viager, capital décès, prévoyance individuelle
D’autres dispositifs peuvent compléter l’arsenal patrimonial. Le viager immobilier permet de convertir un bien en rente à vie, avec réversion possible sur la tête du conjoint. Le capital décès versé par les caisses de retraite (3 738 € au régime général pour un défunt qui était en activité ou chômage indemnisé au moment du décès) apporte un soutien immédiat mais ponctuel. Enfin, un contrat de prévoyance individuel souscrit du vivant permet de garantir un capital ou une rente au conjoint survivant, indépendamment des pensions publiques.
Pour un panorama complet des outils de défiscalisation qui alimentent aussi une stratégie patrimoniale familiale, consultez notre pilier dédié comment réduire vos impôts.
Démarches concrètes : par où commencer en 2026
Après un décès : la marche à suivre pas à pas
La démarche recommandée en 2026 pour un conjoint survivant, une fois passées les premières semaines de deuil, comporte cinq étapes.
- Attendre la réception du formulaire pré-rempli. Pour les conjoints relevant du régime général, la CNAV adresse automatiquement le document dans les semaines qui suivent le signalement du décès à l’état civil. Compter en général quatre à huit semaines.
- Vérifier point par point les données pré-remplies. Ressources, situation conjugale, enfants à charge, existence d’un ex-conjoint : chaque rubrique doit être contrôlée. Les corrections doivent être portées avant renvoi.
- Compléter la demande unique sur Info-retraite. Le service en ligne du portail Info-retraite permet une demande valable pour tous les régimes de base et complémentaires. La demande papier reste possible via le formulaire Cerfa unique.
- Vérifier la couverture Agirc-Arrco. Si le défunt était salarié du privé, la demande complémentaire Agirc-Arrco est déclenchée automatiquement via Info-retraite. Le suivi de la demande peut être consulté en ligne.
- Ne pas oublier les régimes spécifiques. Si le défunt relevait aussi d’un régime spécial (SNCF, RATP, mines, notaires, professions libérales), une demande spécifique doit être adressée à chaque caisse.
Avant un décès : anticiper de son vivant
La meilleure préparation reste l’anticipation. Trois actions simples peuvent être mises en place bien avant l’échéance.
- Créer un compte Info-retraite pour chaque conjoint et consulter régulièrement le relevé de carrière et l’estimation indicative globale (EIG) à partir de 55 ans.
- Simuler les droits à réversion via le simulateur officiel accessible depuis Info-retraite, en tenant compte de la situation actuelle et projetée.
- Structurer le patrimoine familial avec un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine : régime matrimonial adapté (communauté universelle avec clause d’attribution intégrale, séparation de biens avec société d’acquêts), désignation des bénéficiaires d’assurance vie, testament olographe.
Perspectives : que reste-t-il à attendre pour 2027 et 2028 ?
La réforme de la pension de réversion n’est pas abandonnée, mais son calendrier a été considérablement décalé. La LFSS 2026 a fixé le cadre : la pleine réforme des retraites, y compris le volet réversion, ne devrait pas connaître de nouvelle impulsion avant 2028. Trois chantiers restent officiellement ouverts.
Le taux unique harmonisé. Les négociations entre partenaires sociaux, initialement prévues au premier semestre 2026, ont été suspendues. Un consensus autour d’un taux compris entre 52 % et 55 %, avec une clause de sauvegarde pour les régimes actuellement plus généreux, est régulièrement évoqué. Le calendrier réaliste pour un accord et une transposition législative se situe désormais après 2028.
L’extension aux partenaires pacsés. La proposition de loi déposée en septembre 2025 doit encore franchir plusieurs étapes parlementaires. Une adoption en 2027, sur une base non rétroactive, semble le scénario le plus probable. L’ouverture aux concubins, plus complexe juridiquement du fait de l’absence de contrat, reste hypothétique.
La double proratisation carrière-mariage. Ce mécanisme, qui pondèrerait le montant de la pension de réversion en fonction à la fois de la durée de carrière du défunt et de la durée du mariage, a été présenté comme une piste d’équité. Il n’a pas été retenu dans la LFSS 2026 et reste au rang des propositions techniques discutées par le Conseil d’orientation des retraites (COR).
Foire aux questions sur la pension de réversion 2026
Le formulaire pré-rempli de la CNAV est-il vraiment automatique ?
Oui, depuis mars 2026 pour les conjoints survivants relevant du régime général. Le formulaire est envoyé sur la base de la déclaration de décès à l’état civil et des données du Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM). Il ne dispense pas d’une vérification attentive avant renvoi et d’une demande séparée pour les régimes complémentaires.
Les partenaires pacsés ont-ils droit à la pension de réversion en 2026 ?
Non. Malgré une proposition de loi déposée en septembre 2025 et l’annonce d’une réforme, les partenaires pacsés et les concubins restent exclus du dispositif au 20 septembre 2026. Seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion, quel que soit le régime concerné.
Quel est le montant minimum de la pension de réversion en 2026 ?
Au régime général, le montant minimum garanti est de 334,92 € par mois (soit 4 019,13 € par an), à condition que le défunt ait justifié d’au moins 60 trimestres d’assurance retraite. Ce minimum est revalorisé chaque 1er janvier en fonction de l’inflation hors tabac.
Peut-on cumuler pension de réversion et retraite personnelle ?
Oui, le cumul est possible dans tous les régimes. Au régime général, le total des ressources (dont la retraite personnelle) doit toutefois rester sous le plafond de 25 001,60 € par an pour une personne seule, sinon la pension de réversion est écrêtée. À l’Agirc-Arrco, il n’existe aucune condition de ressources et le cumul intégral est possible.
Que se passe-t-il en cas de remariage après le décès du conjoint ?
Les conséquences varient selon le régime. Au régime général, le remariage n’entraîne pas la suppression de la pension de réversion tant que les plafonds de ressources sont respectés. À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le remariage entraîne la suppression définitive de la pension. Le Pacs et le concubinage entraînent aussi la perte de la pension dans la fonction publique, mais pas au régime général ni à l’Agirc-Arrco.
Un ex-conjoint divorcé peut-il toucher la pension de réversion ?
Oui. L’ex-conjoint divorcé est assimilé à un époux survivant pour la pension de réversion, sous réserve de remplir les conditions d’âge, de mariage et de ressources. Si le défunt s’est remarié, la pension est partagée au prorata de la durée respective de chaque mariage. Dans le régime général, l’ex-conjoint conserve son droit même s’il vit en couple au moment du décès de son ex-époux.
Quel délai pour déposer une demande de pension de réversion ?
La demande doit être déposée dans les douze mois qui suivent le décès pour que la pension prenne effet au premier jour du mois suivant le décès. Passé ce délai, la pension est versée à compter du dépôt de la demande, et les mois écoulés sont perdus. L’Agirc-Arrco accorde un rappel maximal de 12 mois pour une demande tardive.
Comment simuler sa pension de réversion en 2026 ?
Le simulateur officiel accessible depuis le portail Info-retraite permet d’estimer les droits à pension de réversion pour tous les régimes de base et complémentaires, à partir des données consolidées du compte retraite. Il est utile de le consulter dès 50 ans pour anticiper les stratégies patrimoniales à mettre en place.
Sources et références officielles
- Service-Public.gouv.fr, fiche F13104 Pension de réversion de l’Assurance retraite, vérifiée au 1er janvier 2026.
- Agirc-Arrco, Pension de réversion du conjoint ou ex-conjoint, valeur du point au 1er novembre 2025.
- Info-retraite.fr, portail interrégimes de la pension de réversion.
- Cap Retraite, Pension de réversion 2026 : les 3 changements confirmés, mis à jour le 6 juillet 2026.
- Bourseinside et MoneyVox, Formulaire pré-rempli CNAV depuis mars 2026, dossier de février-mars 2026.
- Solidarités.gouv.fr, Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 : les mesures phares.
- Lexia Conseil, LFSS 2026 : la réforme des retraites mise sur pause jusqu’en 2028.
- Meilleurtaux Placement, Réversion : formulaire prérempli prévu dès mars 2026, février 2026.




