Le Monde d'après...

Fast Fashion, la consommation excessive de vêtements

By 13 janvier 2022No Comments
Temps de lecture : 4 min.

Connaissez-vous la Fast Fashion ? Ce mot ne vous est sans doute pas familier, pourtant vous y avez peut-être recours.

Si aujourd’hui bon nombre de personnes souhaitent être à la mode, il y a cependant différentes façons de consommer. Vous pouvez choisir entre surconsommer des produits de moindre qualité, vendus à moindre coût (c’est la Fast Fashion) ou acheter des produits de qualité en consommant moins.

L’impact environnemental est radicalement différent !

Et si vous vous convertissiez à la Slow Fashion ?

Qu’est-ce que la mode Fast Fashion ?

Cette tendance a vu le jour à New York et à Londres dans les années 90. 

Elle signifie littéralement “mode rapide”. 

Aujourd’hui, les magasins proposant ce type de produits fleurissent partout en France.

À l’instar des enseignes telles que Zara, H&M, Primark et bien d’autres, cette mode incite à renouveler en permanence sa garde-robe. 

Pour cela, les usines fabriquent vite et pas cher pour que nous puissions, à notre tour,  acheter vite et pas cher.

En résumé, il faut consommer, consommer et consommer encore. Les placards débordent, l’environnement est à l’agonie, mais la priorité reste d’avoir toujours plus de vêtements. Certains qui, ironie de la situation, ne seront jamais portés et termineront leur courte vie dans une poubelle avec leur étiquette encore accrochée !

Le prix de cette surconsommation est un impact écologique, environnemental, éthique et humain désastreux.

Quid de l’humanité et de la décence ?

Les vêtements sont conçus dans des ateliers où les ouvriers et les ouvrières (parfois des enfants) sont exploités et vivent dans la misère malgré des heures de travail indues. C’est éthiquement et humainement intolérable, mais c’est pourtant la réalité. Les produits sont en effet très majoritairement fabriqués dans des pays où les entreprises font peu de cas des minima sociaux, des contrats de travail, de l’exploitation des enfants ou encore des conditions de travail indignes.

Quid de la qualité de nos vêtements ?

La qualité de ce prêt-à-porter jetable est à la hauteur du prix payé et des conditions de travail des ouvriers textiles : indigne !

Peut-on réellement s’attendre à porter des vêtements de qualité au prix où ils sont vendus ? Non, mais peu importe. L’essentiel n’est pas là. Mieux vaut la quantité que la qualité. Voilà le slogan que pourraient apposer ces grosses industries sur leurs usines.

Pour vendre à bas prix, il faut produire à bas coût. Une partie de ce coût est déjà largement diminuée par la délocalisation des entrepôts de fabrication. 

Il est possible de faire encore moins cher, en utilisant des matières premières bas de gamme et issues de la pétrochimie. 

L’impact de la Fast Fashion sur la pollution de la planète

La consommation d’eau

Il est aujourd’hui de notoriété publique que l’industrie du textile, et du coton en particulier, est gourmande en eau.

Savez-vous par exemple qu’entre la culture du coton et sa transformation pour fabriquer un jean, il faut 7 000 à 10 000 litres d’eau ! Pour un seul jean ! 

Cette même eau est ensuite rejetée avec ses teintures, ses produits chimiques et pollue l’environnement.

4 % de l’eau potable dans le monde est destinée à la production de vêtements. Un comble lorsque l’on sait que certaines populations n’ont pas d’accès à l’eau potable dans certaines parties du monde.

La consommation d’électricité

Il en va de même pour l’électricité. Les consommations explosent pour produire plus et plus vite. Surtout que pour certains pays qui fabriquent nos vêtements, cet électricité est produit par des centrales à charbon.

Le transport

Ces produits, fabriqués à l’autre bout du monde, doivent revenir en France. 

L’avion est le plus couramment utilisé. C’est une évidence puisqu’il est le moyen de transport le plus rapide. En bateau, les vêtements risqueraient d’être déjà démodés en arrivant dans nos rayons.

La pollution des avions n’est plus à démontrer. L’aérien produit des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

Fast Fashion VS Slow Fashion

Devant toutes ses évidences, il convient de mieux consommer ou moins consommer.

Pourquoi consommer mieux ?

Tout simplement pour arrêter de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. 

Il est essentiel de prendre conscience que notre manière de consommer doit évoluer, dans le bon sens.

Pour ralentir le réchauffement climatique, il est nécessaire de revenir sur plusieurs domaines. Nos habitudes de consommation peuvent en être en partie responsables.

Si les acheteurs privilégient la qualité à la quantité, alors la planète se portera bien mieux. Cela signifie moins d’eau consommée, moins d’eau polluée rejetée, moins d’avions polluants pour le transport.

C’est aussi offrir de meilleures conditions de travail à tous les salariés au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, au Vietnam…  

Comment se convertir à la Slow Fashion ?

En achetant moins, de façon raisonnée, en fonction de nos besoins. Une armoire pleine de vêtements nous rend-elle vraiment plus heureux ? Avons-nous réellement besoin de tout cela ?

Il existe des filières responsables, durables et transparentes. L’acheteur connaît l’origine du produit. Il est fabriqué localement, avec des matières certifiées, issues d’une agriculture raisonnée et saine.

En plus d’acheter local et de qualité, il est également possible de donner une deuxième vie à nos vêtements.

De nombreux sites existent pour faciliter cette économie parallèle. Ce qui ne nous convient plus aujourd’hui intéressera sans doute une autre personne, et inversement. Pourquoi acheter neuf alors qu’un vendeur sur Vinted, Le Bon Coin, Depop ou Videdressing vend la même chose 2 fois moins cher ? 

Finissons-en avec les vêtements jetables, consommons moins et recyclons vos vêtements.  Mais recyclons nos vêtements en prenant garde qu’ils ne finissent pas dans une décharge ou dans la mer comme on peut le constater au Ghana.