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Regarder des vidéos et jouer en ligne polluent, la pollution du streaming

By 22 août 2021No Comments
Temps de lecture : 8 min.

L’ascension du digital dans le quotidien de la population ne passe pas inaperçue, encouragée par la récente crise sanitaire. Pourtant, à savoir que la grande utilisation des outils numériques contribue à augmenter fortement la pollution. Ce secteur est aujourd’hui l’un des plus polluants en représentant chaque année 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Focus sur l’impact écologique de l’utilisation numérique et particulièrement du streaming vidéo. 

Quel est notre impact numérique sur l’environnement ? 

Les utilisateurs du numérique ont tendance à oublier que les échanges numériques ne peuvent exister que sur la base d’un secteur bien matériel fait de terminaux, de réseaux et de centres informatiques. La majorité des émissions invisibles viennent de ces terminaux, notamment des ordinateurs, des téléphones portables, des consoles de jeux ainsi que des enceintes connectées. 

L’empreinte écologique à l’issue de la fabrication des outils numériques

En France, les objets digitaux sont source de pollution et à l’origine de 81 % des émissions du secteur. Cette grande empreinte écologique résulte en premier lieu du processus de la fabrication des appareils. Celui-ci nécessite en effet de passer par des opérations à forte consommation d’énergies, pour ne citer que l’extraction de minéraux. Dans le pays, ce processus à lui seul équivaut à 70 % d’empreinte de carbone du numérique. Dans le monde, il représente un peu moins de 40 % d’après une étude menée par think thank the Shift Project. La différence s’explique par le fait que la fabrication des produits utilisés dans le pays se trouve être délocalisée. Elle l’est notamment dans les pays d’Asie du Sud-est, endroit où l’on retrouve une importante intensité carbone de l’électricité. 

Les datas centers et réseaux informatiques

Les datas centers sont les centres informatiques d’hébergement des données, également à l’origine des émissions. Celles-ci sont moins importantes toutefois, elles représentent 14 % des émissions du secteur en France. À savoir que le stockage de données requiert une forte consommation d’eau. Particulièrement énergivore, le mécanisme atteint les 30 % de consommation d’électricité du numérique dans le monde. D’un autre côté, les réseaux informatiques contribuent à 5 % des émissions de gaz à effet de serre du numérique. Ce chiffre et loin d’être négligeable, incluant la production des équipements tels que les routeurs, les antennes-relais, et les serveurs en plus de leur consommation électrique. 

Les principaux enjeux des pollutions du numérique

Dans tous les cas, ce type de pollution trouve essentiellement son enjeu dans le processus de fabrication des outils. L’étude menée par Green.it avance que si le nombre d’équipements classiques augmente encore les cinq prochaines années, les objets connectés vont connaître un boom dans la vente. Ils risquent donc de passer de 20 milliards en 2020 à plus de 50 milliards en 2025. D’un autre côté, d’autres objets utiles aux quotidiens tels que les télévisions contribuent également à accroître leur part dans l’empreinte carbone du numérique. Cela est notamment lié au renouvellement important du parc de façon à continuellement agrandir la taille de l’écran. 

L’autre enjeu lié à la question de pollution numérique se trouve dans la consommation d’énergie.  Des chiffres de l’ADEME ont montré que le domaine des nouvelles technologies représente à lui seul 6 à 10 % de la consommation d’électricité dans le monde entier. Parmi les principales causes de cette forte consommation énergétique, on cite la forte croissance du streaming vidéo.

Les chiffres de la pollution numérique

Responsable de 4 % des gaz à effet de serre

Une des plus polluantes, l’industrie du numérique est aujourd’hui responsable des 4 % d’émission de gaz à effet de serre. Ce chiffre représente une fois et demie plus que l’aviation civile. Dans les prochaines années à venir, le risque est tel que, les datas centers peuvent devenir plus énergivores que l’humanité tout entière. Pour se faire une idée de l’impact énergétique, il faut savoir que chaque recherche menée sur internet fait appel à un serveur, et donc aux datas centers. Pourtant, ce processus demande énormément d’énergies. 

La forte consommation d’eau et d’énergie

Chaque année, les datas centers consomment des centaines de milliers de litres d’eau, nécessaires pour climatiser les grandes machines et éviter ainsi leur surchauffe. La prise de conscience est d’autant plus essentielle face au fait que des millions de personnes ont aujourd’hui du mal à avoir accès à l’eau. L’impact sur la santé humaine est tel que plusieurs enfants succombent à la diarrhée à défaut d’avoir des points d’eau salubres autour d’eux. Par ailleurs, alors qu’on pourrait avoir du mal à l’imaginer, poster une photo sur les réseaux sociaux équivaut à allumer 3 à 4 ampoules de 20 W pour une durée d’une heure.

Les dangers des extractions

Il est à savoir que les mines d’extraction représentent des dommages et des dangers beaucoup plus importants. En République démocratique de Congo, on envoie les enfants creuser les mines de coltan étant donné qu’il est plus facile pour eux de se glisser dans les puits de 60 cm. En Bolivie, certaines familles sont contraintes de vivre un demi-mois dans les mines à ciel ouvert pour l’extraction du lithium. 

Que consomme le streaming audio et vidéo ?

Depuis quelque temps maintenant, on a découvert que les plateformes web sont loin d’être des modèles en matière d’écologie. Le stockage des données outre l’énergie nécessaire à l’alimentation des structures contribue considérablement à la pollution atmosphérique et joue un rôle important dans les émissions de polluant. Par ailleurs, le renforcement de l’offre à côté des confinements répétés a permis une croissance effrénée au streaming vidéo par abonnement. Principal concerné, Netflix continue de s’emparer du marché. 

1 heure de streaming pollue autant que la climatisation

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les streamings audios et vidéos contribuent considérablement aux niveaux de pollution. Selon une étude, regarder une série en streaming pour une durée d’une heure équivaut à utiliser une climatisation pendant une durée de 40 minutes. Cela représente un total de 100 g de carbone rejeté. C’est notamment ce qu’a avoué Netflix à la suite des résultats obtenus par DIMPACT. Vis-à-vis des utilisateurs, cette information doit alerter et amener à une prise de conscience sur l’impact des habitudes de consommation. Pour la plateforme, il s’agit désormais de chercher un moyen de réduire la pollution atmosphérique en réduisant les émissions de carbone. 

Par rapport à d’autres grands groupes, Netflix est parmi les derniers à ouvrir les yeux sur son impact écologique. Les autres quant à eux ont déjà fait part de leur projet ambitieux. C’est notamment le cas de Microsoft qui a promis d’atteindre d’ici 2030 un bilan carbone négatif. Plus réservé, Apple se pose comme objectif la neutralité de carbone à la même échéance. Si Facebook souhaite que ses fournisseurs suppriment leurs émissions, Google prévoit de ne faire appel qu’à des énergies renouvelables pour l’avenir.

Face à tout cela, la plateforme de streaming Video Netflix se montre discrète vis-à-vis de ses objectifs environnementaux. Néanmoins, grâce à une bonne visualisation des sources d’émission, un objectif de limitation d’impact peut faire suite à la mise en place de mesures adéquates. Malgré une offre diversifiée, la plateforme continue de s’emparer du marché en représentant une part de 68 % devant Canal+, Prime Video d’Amazon ainsi que Disney+. 

Économiser des gigas de données, c’est protéger la planète

Afin de maîtriser la pollution numérique, l’économie de données doit être mise au centre de l’attention. Pour les smartphones modernes en général, ainsi que pour iPhone, la conception se fait autour d’une idée de connectivité constante. Une fonction intégrée à iOS fait en sorte qu’en cas de mauvaise connexion wifi, un rabattement s’effectue sur la connexion mobile. Si ce mécanisme peut être intéressant pour les utilisateurs dotés d’un forfait important, voire illimité, ce n’est pas le cas des autres avec un forfait limité. Cette fonctionnalité n’est autre que le Wi-Fi assist, existant depuis IOS 9. Bien que pratique, la désactivation de cette fonction permet d’économiser des données, et en parallèle de limiter la pollution numérique. 

Le 5G va-t-il polluer encore plus ? 

La crise sanitaire du Covid-19 a fait exploser la consommation de données mobiles par les utilisateurs. Comparé aux utilisateurs du 4G, on observe une importante utilisation de données mobiles chez les utilisateurs du 5G. Ce n’est pas étonnant dans le sens où le 5G permet aux consommateurs d’apprécier pleinement leurs chefs d’œuvres. Pour une même durée de vidéo mobile, les applications vidéos défilent automatiquement vers une qualité supérieure. Il en est de même de la diffusion de musique. Il est de ce fait indéniable que le 5G double la consommation de données, ce qui ne permet en aucun cas de lutter contre la pollution. 

Comment moins polluer avec son ordinateur ou son smartphone ?

En raison des données statistiques alarmantes s’agissant des effets du numérique sur l’environnement, il s’avère indispensable de basculer vers une consommation plus responsable et raisonnée. Pour ce faire, il suffit de procéder à certains gestes qui peuvent a priori être anodins, mais qui comptent beaucoup pour la planète. 

Comment moins polluer en regardant des vidéos ou en écoutant de la musique ? 

Face aux pollutions vidéos qui s’avèrent dangereuses pour la planète, il parait indiscutable de prendre des mesures correspondantes. Alors même qu’il est pratiquement impossible d’éviter la pollution numérique, certains gestes peuvent aider à réduire l’empreinte carbone. 

Le tri des boites mails

Le fait de vider les boîtes mails parait à première vue non significatif, pourtant cela compte considérablement pour se protéger de la pollution. Le but est ici de réduire les données inutiles qui sollicitent les serveurs en vue de leur stockage. Tels sont notamment les cas des spams et des newsletters. Il en est de même des comptes e-mail obsolètes, dont les serveurs continuent à gérer. À savoir que l’envoi de mails est à l’origine d’une grande partie de la pollution numérique en créant 10 g de CO2. 

L’archive et la compression des données 

Selon Greenpeace, le streaming vidéo représente à lui tout seul 60 % des flux de données sur le net. Son impact majeur sur l’environnement n’est plus à discuter. Pourtant le fait de regarder des vidéos en streaming depuis la 4G et en haute définition est loin d’arranger les choses. Au lieu de cela, prenez donc le temps de les télécharger à l’aide du Wi-Fi afin de réduire l’empreinte écologique de l’action. Par ailleurs, il est également plus responsable d’archiver tous les fichiers vidéos et photos sur un support matériel tel qu’une clé USB ou un disque dur. Enfin, afin de réduire leurs poids, compressez les pièces jointes lors des envois par mail. 

Un moteur de recherche écoresponsable 

Plusieurs moteurs de recherche tels que Ecosia, Lilo, Qwant, ou encore DuckDuckGo mettent au centre une action écoresponsable pour prévenir la pollution numérique. En proposant une compensation carbone, une recherche effectuée sur les moteurs contribue à une action positive pour l’environnement. Un autre réflexe soucieux de l’écologie consiste également à mettre les sites les plus visités en favoris afin d’éviter le retour à la case départ des moteurs de recherche. 

Privilégier la réparation et le réemploi

Il n’est plus inconnu que le processus de fabrication des numériques est une des principales origines de la pollution. Afin d’éviter le cycle infernal, il est plus judicieux et responsable de procéder à la réparation des outils numériques en cas de souci plutôt que de les remplacer immédiatement. Il faut également cesser d’être continuellement tenté par des ordinateurs toujours plus performants, plus alléchants et plus grands. Enfin, l’achat en seconde main constitue aussi un geste écoresponsable en faveur de l’environnement. 

Le streaming qui ne pollue pas, est-ce possible ? 

Une étude a précisé que la consommation totale des vidéos en ligne a généré plus de 300 millions de tonnes de CO2 en 2018. Aujourd’hui, la pollution numérique dépasse celle du transport aérien avec pour principal responsable le streaming vidéo. Sans pour autant résoudre totalement le problème, certaines actions réduisent la pollution. Cela consiste notamment à limiter à une heure par jour le streaming vidéo en plus de le regarder à basse définition. Par ailleurs, à la place du 4G ou du 5G, il faut privilégier le Wi-fi qui est bien moins énergivore. 

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