Patrimoine

Choisir son assurance emprunteur en faisant jouer la concurrence

By 8 avril 2021No Comments
assurance emprunteur
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Temps de lecture : 8 min.

Le choix de l’organisme prêteur comme celui de l’assurance emprunteur ne s’improvise pas. Il vaut mieux prendre le temps de les comparer.

Avec une offre de prêt, nous pouvons améliorer nos finances et notre budget familial. Les jeunes couples sont à même d’agrandir leur patrimoine. Les moins jeunes ont la possibilité de souscrire à une assurance vie. Le locataire est en mesure d’acquérir son bien immobilier. Le propriétaire est capable d’améliorer son logement ou d’aménager son intérieur. Tout ceci, sans avoir à réaliser des placements ou des économies à long terme. 

Pendant les jeunes années, il est facile d’obtenir un crédit. En effet, les procédures sont allégées. Mais emprunter lorsque l’on est senior, c’est une autre histoire. Le plus souvent, pour toute demande de crédit, il nous est demandé de souscrire à une assurance emprunteur dans sa banque. Mais alors, comment choisir son assurance emprunteur ?  

Est-ce que l’assurance emprunteur est obligatoire ?

 

Du point de vue légal, l’emprunteur n’est tenu de souscrire à aucune assurance de prêt immobilier. Mais dans la pratique, et surtout en France, c’est la procédure des banques et des organismes de crédit qui la rendent obligatoire. En effet, le prêt immobilier met en jeu une somme assez importante et requiert une durée de remboursement plus longue. Il est alors de leur intérêt de garantir le remboursement de leurs fonds en incitant le demandeur à prendre une assurance emprunteur. 

Techniquement, la banque ne peut pas vous contraindre à assurer votre emprunt. Mais si vous ne le faites pas, elle peut vous demander de nantir une partie de votre patrimoine. La valeur requise du patrimoine peut aller jusqu’à 2 fois le montant du crédit immobilier demandé. C’est faisable si vous avez déjà un patrimoine important, mais vous prenez toutes les responsabilités des éventuels risques.  

En somme, l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire, mais vous avez tout intérêt à en prendre, notamment pour les cas suivants :

  • Décès de l’un ou des co-emprunteurs, et
  • Invalidité permanente totale (IPT), ou Perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).

Ce sont les minima requis par la majorité des banques. Après, les exigences varient en fonction de votre situation personnelle, professionnelle, mais aussi de l’usage que vous allez faire du bien immobilier. Le traitement n’est pas le même pour une résidence principale ou secondaire et un logement locatif, par exemple. En regard à votre dossier personnel, il pourra vous être demandé des garanties complémentaires comme :

  • Invalidité permanente partielle (IPP),
  • Arrêt de travail sur une durée prolongée (IPP),
  • Perte d’emploi.

Participez avec votre banquier à l’étude de votre dossier car le coût de l‘assurance que vous aurez à payer mensuellement est fonction des options de garanties incluses dans votre assurance emprunteur.  

Doit-on prendre son assurance emprunteur avec son prêt ?

 

L’assurance emprunteur sert de caution aux organismes de prêts. C’est leur garantie de recouvrer la totalité du capital emprunté avec les intérêts quelles que soient les circonstances : arrêt de travail, perte de l’emploi, invalidité partielle ou totale, voire décès de l’emprunteur.

La souscription à l’assurance constitue donc une condition majeure de l’octroi d’un prêt immobilier et doit se faire en même temps que la demande de prêt. 

Toutefois, ce n’est pas une démarche obligatoire. L’emprunteur n’est pas nécessairement tenu de souscrire, de façon systématique, à l’assurance emprunteur dans sa banque. Vous êtes libre de recourir aux services de l’assureur privé, de la mutuelle, de l’organisme financier ou de l’établissement de prévoyance de votre carnet d’adresses. Si vous n’avez pas d’idée claire sur le sujet, vous pouvez comparer les offres des assurances à travers le service d’un courtier pour l’assurance emprunteur, et choisir celle qui convient le mieux à votre situation. Vous trouverez facilement des assureurs sur internet. Les organismes d’assurance proposent de plus en plus de vous faire un devis gratuit pour votre projet. Cela vous permet d’établir votre choix de façon objective 

Vous pouvez également, à tout moment, décider de changer d’assureur en cours de route si vous trouvez une offre qui est plus intéressante pour vous. Ce, même si vous avez déjà obtenu votre prêt et qu’en même temps vous avez souscrit à votre assurance selon vos critères d’origine.

Une assurance emprunteur si on a plus de 60 ans

Emprunter lorsque l’on est sénior est certes une entreprise ardue, mais pas impossible. Au contraire, les banquiers ont compris que cette catégorie d’emprunteurs constitue une part intéressante pour diverses raisons :

  • Leur revenu est stable. Bien que quelque peu réduit, il est régulier.
  • Ils ont moins de charge : plus d’enfant sous leur responsabilité, tous leurs anciens prêts sont remboursés.

Ils sont donc solvables. Et de toute manière, il n’y a aucune mention juridique qui limite l’âge à l’emprunt. Et pour contourner la contrainte de la baisse du revenu, les prêteurs ont créé un système de prêt à palier avec une mensualité dégressive.

Là où la situation se complique c’est par rapport à l’assurance emprunteur. D’ailleurs, le taux d’intérêt sur le prêt reste le même à tout âge. C’est le taux de l’assurance emprunteur qui fait la différence. Si vous voulez sécuriser l’argent de vos proches et de vos héritiers, il est important de trouver un bon assureur.

Et là-dessus, les offres d’assurance groupée des banques ne sont pas tout à fait favorables aux seniors. En général le taux est élevé, jusqu’à 0,9 % à 65 ans et 1,70 % à 70 ans en moyenne. Elles taxent également de lourdes surprimes. Et la cessation de garantie est précoce, à peine 70 ans pour le décès. De plus, les formalités médicales classiques conduisent le plus souvent à augmenter les primes d’assurances, voire à l’exclusion des plus de 65 ans qui n’ont pas un bon état de santé général.

Heureusement, il y a la délégation d’assurance pour permettre aux plus de 60 ans de trouver des assureurs privés pour garantir leurs emprunts. Sur le marché, les séniors peuvent trouver des assureurs privés plus avantageux avec un taux de 0,56 % à 65 ans et de 0,95 % à 70 ans, plus une couverture jusqu’à 86 ans. Ils proposent aussi des formalités médicales allégées en remplissant un simple formulaire ou en répondant à un questionnaire par téléphone.

Combien coûte l’assurance emprunteur ?

 

Le choix de l’organisme prêteur comme celui de l’assurance emprunteur ne s’improvise pas. Il vaut mieux prendre le temps de les comparer en regard aux différents critères qui peuvent entrer en jeu. Le coût de l’assurance emprunteur varie d’un établissement à l’autre suivant les modes de calcul. Il est ordinairement de 20 points moins chers dans une assurance prise en délégation, par rapport à celui d’une banque.    

D’une manière générale, le coût d’une assurance emprunteur tient compte des éléments suivants :

  • L’âge de l’emprunteur : En moyenne, le taux de l’assurance pour un jeune de 25 ans est de 0,25 % du montant du crédit. Celui d’une personne de 45 ans avoisine les 0,45 %.
  • La profession : Les assureurs ont trouvé un classement de professions dites à risques, contrairement aux fonctionnaires, par exemple. Pour leur demande de prêt, les fonctionnaires n’ont pas besoin de la garantie perte d’emploi.
  • L’état de santé et les comportements à risque comme le fait de fumer peuvent influencer le montant des primes qui peuvent aller au double face à un emprunteur non-fumeur.

Dans un souci de transparence, les banques sont tenues d’afficher sur leurs offres :

  • Le coût total de l’assurance sur la durée totale du prêt,
  • Le montant de l’assurance dû sur les mensualités.
  • La modalité : si ce montant s’ajoute ou non à l’échéance de remboursement du crédit,
  • Le TAEA (taux annuel effectif de l’assurance) pour le distinguer du TEG (taux annuel effectif global).

Peut-on faire jouer la concurrence emprunteur ?

 

Depuis 2010, la loi Lagarde a permis de libérer le crédit de l‘assurance emprunteur. Le demandeur peut choisir son assurance au moment de l’offre de prêt, soit de contracter auprès de la banque, soit de choisir une assurance alternative. En théorie, c’est facile. Mais dans la pratique, les banques essayent de contourner cette loi en imposant leurs conditions. Si bien que malgré la libération du marché de l’assurance, 85 % des emprunteurs restent sur l’assurance groupée de la banque.  

La politique de protection du consommateur fait évoluer la situation et depuis le mois de juillet 2014, une nouvelle loi voit le jour. La loi Hamon autorise les nouveaux contractants de prêt à revenir sur leur décision dans les 12 mois de la signature de l’assurance-crédit. En effet, les autorités ont compris que les demandeurs de crédit subissent des pressions et du stress liés à leur emprunt, si celui-ci est accordé ou non. Ils peuvent donc agir précipitamment ou sans conviction. Il leur est donc laissé 12 mois de réflexion pour revoir les termes du contrat d’assurance.

Et depuis peu, grâce à l’amendement Bourquin, l’emprunteur peut même changer de contrat d’assurance tous les ans, à la date d’anniversaire de celui-ci. Il faudra tout de même respecter le délai de résiliation.

Ainsi, pour votre prochain projet immobilier, vous pourrez tout à fait faire jouer la concurrence pour l’assurance emprunteur afin de trouver le tarif et les conditions qui vous sont les plus favorables.

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