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Comment financer des droits de succession ?

By 24 novembre 2020septembre 23rd, 2026No Comments
Financer les droits de succession 2026 : prêt bancaire, paiement fractionné Trésor Public ou déblocage assurance-vie
Temps de lecture : 8 min.

Article mis à jour le 23 septembre 2026 par M & F

L’essentiel à retenir

  • Délai de paiement des droits de succession : 6 mois à compter du décès (12 mois si le défunt est décédé à l’étranger), fixé par l’article 641 du CGI.
  • Pénalités de retard 2026 : intérêts de retard de 0,20 % par mois (soit 2,40 %/an) + majoration de 10 % à 80 % selon la nature du manquement.
  • Barème droits en ligne directe : de 5 % (< 8 072 €) à 45 % (> 1 805 677 €), après abattement de 100 000 € par enfant.
  • Époux et partenaire de PACS : exonération totale de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007.
  • 4 grandes solutions de financement : prêt bancaire dédié, paiement fractionné auprès du Trésor Public, paiement différé (nue-propriété), déblocage d’assurance-vie du défunt.
  • Paiement fractionné administratif : jusqu’à 5 ans (voire 10 ans) auprès du Trésor Public, avec un taux d’intérêt annuel fixé chaque année par arrêté (3,5 % en 2026).
  • Prêt bancaire dédié : durée jusqu’à 15-20 ans, taux immobilier classique 3-4 % en 2026, garantie souvent adossée au bien hérité (hypothèque ou nantissement).

Hériter d’un patrimoine familial est rarement un moment neutre financièrement. Au chagrin s’ajoute la nécessité de payer les droits de succession à l’administration fiscale dans un délai strict de 6 mois à compter du décès. Selon l’INSEE, la valeur médiane d’un patrimoine successoral en France en 2026 avoisine 150 000 €, et près d’un tiers des héritages incluent au moins un bien immobilier. Or, la trésorerie disponible ne suffit pas toujours pour honorer cette obligation fiscale : dans la grande majorité des cas, les héritiers doivent trouver une solution de financement.

Cet article détaille en 2026 le barème actualisé des droits de succession, les abattements applicables selon le lien de parenté, les frais notariés, et surtout les quatre grandes solutions de financement pour payer les droits sans être contraint de brader l’héritage. Toutes les informations sont sourcées auprès de références officielles : Service-Public.fr, BOFiP-Impôts, articles 641 et suivants du CGI, arrêtés notariés et Notaires de France.

Comment sont calculés les droits de succession en 2026 ?

Étape 1 : les abattements selon le lien de parenté

Avant le calcul de l’impôt, un abattement personnel s’applique sur la part revenant à chaque héritier. Les abattements 2026 (inchangés depuis 2011) sont fixés par l’article 779 du CGI :

Lien de parenté avec le défuntAbattement 2026Droits applicables
Époux ou partenaire de PACSExonération totale0 % (loi TEPA 2007)
Enfant, parent (ligne directe)100 000 €Barème progressif 5 à 45 %
Petit-enfant1 594 € (sauf don en pleine propriété)Barème ligne directe
Arrière-petit-enfant1 594 €Barème ligne directe
Frère ou sœur15 932 €35 % puis 45 % (au-delà de 24 430 €)
Neveu ou nièce7 967 €55 %
Personne handicapée159 325 € (cumulable)Barème selon lien
Toute autre personne1 594 €60 %

Étape 2 : le barème progressif en ligne directe

Pour les successions en ligne directe (parents/enfants), après application de l’abattement, le barème progressif suivant s’applique (article 777 du CGI) :

Fraction de part nette taxableTaux applicable
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-dessus de 1 805 677 €45 %

Exemple chiffré 2026

Un enfant hérite de 250 000 € nets (après abattement de 100 000 €) :

  • Tranche à 5 % (0 à 8 072 €) : 403,60 €
  • Tranche à 10 % (8 072 à 12 109 €) : 403,70 €
  • Tranche à 15 % (12 109 à 15 932 €) : 573,45 €
  • Tranche à 20 % (15 932 à 150 000 €) : 26 813,60 €
  • Total à payer : 28 194,35 € sur les 250 000 € reçus, soit un taux effectif de 11,3 %

Les frais de notaire en succession

À ces droits fiscaux s’ajoutent les émoluments du notaire, fixés par le barème réglementé (arrêté du 26 février 2016 modifié). Les principaux actes de succession :

ActeTarif 2026 (arrêté BOFiP)
Acte de notoriété~57,69 € HT (69,23 € TTC)
Inventaire~76,92 € HT (92,31 € TTC)
Attestation de propriété immobilière0,542 à 1,972 % de la valeur du bien (barème dégressif)
Déclaration de succession0,434 à 1,578 % de l’actif brut (barème dégressif)
Partage successoral1,017 à 4,931 % de l’actif brut (barème dégressif)
Délivrance de legs0,271 à 1,972 % selon situation

Barème 2026 fixé par arrêté ministériel. Les tarifs sont réglementés et non négociables. Une remise commerciale peut cependant être accordée sur les émoluments proportionnels au-delà de 100 000 €.

Que se passe-t-il si les droits de succession ne sont pas payés à temps ?

Le non-respect du délai de 6 mois entraîne l’application de pénalités fiscales conformément aux articles 1727 et suivants du CGI :

  • Intérêts de retard : 0,20 % par mois de retard, soit 2,40 % annuel (baisse depuis 2018).
  • Majoration de 10 % pour retard simple.
  • Majoration de 40 % pour défaut de déclaration après mise en demeure.
  • Majoration de 80 % pour manœuvre frauduleuse ou dissimulation.

Ces pénalités peuvent porter la dette bien au-delà du montant initial. Il est donc indispensable d’anticiper le financement et d’engager la démarche dès la rédaction de la déclaration de succession par le notaire.

4 solutions pour financer les droits de succession en 2026

Solution 1 : le prêt bancaire dédié

C’est la solution la plus fréquente. La banque accorde un prêt immobilier dédié au paiement des droits de succession, garanti par une hypothèque ou un nantissement sur un actif du patrimoine hérité.

  • Durée : 10 à 20 ans généralement.
  • Taux : 3 à 4 % en 2026 pour un dossier standard (taux immobilier classique).
  • Garanties exigées : hypothèque sur le bien immobilier hérité, nantissement d’assurance-vie, caution mutuelle.
  • Assurance emprunteur obligatoire, dont le coût s’ajoute au taux nominal.
  • Frais de dossier : 0,5 à 1 % du capital emprunté.

Pour comparer les offres et optimiser le montage, il est utile de solliciter plusieurs banques ou un courtier en crédit. Une simulation de crédit en ligne permet un premier chiffrage avant démarche.

Solution 2 : le paiement fractionné administratif

Peu connu du grand public, le paiement fractionné permet d’étaler le règlement des droits directement auprès du Trésor Public, sans passer par un prêt bancaire. Encadré par les articles 1717 du CGI et 396 à 406 de l’annexe III :

  • Durée : jusqu’à 5 ans en règle générale, ou 10 ans si plus de 50 % de l’actif héritier est composé de biens non liquides (immobilier, parts de société non cotée).
  • Taux d’intérêt annuel : fixé chaque année par arrêté ministériel. En 2026 : 3,5 % (contre 1,2 % en 2024 et 2,2 % en 2025, en hausse selon l’évolution des taux directeurs).
  • Versements semestriels égaux, capital + intérêts.
  • Garanties exigées : hypothèque, caution personnelle solvable, nantissement.
  • Demande à déposer avec la déclaration de succession, en même temps que le paiement de la première fraction.

Solution 3 : le paiement différé (nue-propriété)

Dans le cas où l’héritier reçoit un bien en nue-propriété (le conjoint survivant conservant l’usufruit), le paiement différé permet de reporter le règlement des droits jusqu’à 6 mois après la réunion de l’usufruit à la nue-propriété (généralement le décès du conjoint usufruitier).

  • Encadré par l’article 397 de l’annexe III du CGI.
  • Taux d’intérêt : 1/3 du taux du paiement fractionné, soit environ 1,17 % en 2026.
  • Solution particulièrement adaptée quand l’héritier n’a ni trésorerie ni possibilité de louer le bien immédiatement.

Solution 4 : le déblocage d’assurance-vie du défunt

Les capitaux d’assurance-vie versés aux bénéficiaires désignés ne relèvent en principe pas de la succession civile (article L.132-12 du Code des assurances), et bénéficient d’un régime fiscal favorable (article 990 I du CGI). Ils sont donc disponibles rapidement pour financer les droits de succession sur les autres biens.

  • Versement du capital sous 30 jours après remise du dossier complet à l’assureur.
  • Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I).
  • Prélèvement forfaitaire de 20 % puis 31,25 % au-delà.
  • Fluidité de trésorerie particulièrement utile pour éviter le prêt bancaire.

Autres pistes complémentaires

  • Vente d’un actif hérité : bijoux, œuvres d’art, résidence secondaire ou parts sociales pour libérer de la trésorerie. Attention à la plus-value éventuelle sur la vente immobilière.
  • Rachat de crédit intégrant les droits : regroupement des crédits en cours + montant des droits, sur une durée longue.
  • Prêt familial : entre héritiers ou avec un autre membre de la famille, formalisé par contrat et déclaré à l’administration fiscale (formulaire 2062).
  • Renonciation à la succession : dernier recours si l’actif net est négatif ou si les droits dépassent le montant hérité. Décision à formaliser dans un délai de 4 mois auprès du greffe du tribunal judiciaire.

FAQ financement des droits de succession

Quel est le délai pour payer les droits de succession ?

Le délai de paiement est de 6 mois à compter du décès si le défunt est décédé en France (article 641 du CGI), et de 12 mois si le décès a eu lieu à l’étranger. Le paiement s’effectue simultanément au dépôt de la déclaration de succession auprès de l’administration fiscale, généralement via le notaire. Le non-respect de ce délai entraîne des intérêts de retard et des majorations pouvant aller jusqu’à 80 % en cas de manœuvre frauduleuse.

L’époux ou le partenaire de PACS paie-t-il des droits de succession ?

Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient d’une exonération totale de droits de succession, quel que soit le montant hérité. Cette exonération s’applique aussi bien au régime légal qu’au régime de séparation de biens. Le concubin sans PACS reste en revanche taxé au taux de 60 % (« autre personne »).

Peut-on emprunter pour payer les droits de succession sans hypothèque sur le bien ?

Oui, mais rarement. La plupart des banques exigent une garantie sur un actif tangible : hypothèque sur le bien immobilier hérité, nantissement d’assurance-vie ou de portefeuille de titres, ou caution mutuelle (Crédit Logement par exemple). Pour un prêt personnel non garanti, la banque limitera le montant à 30 000-75 000 € selon les revenus et l’endettement du demandeur.

Le paiement fractionné auprès du Trésor Public est-il vraiment plus avantageux qu’un prêt bancaire ?

Cela dépend des conditions du prêt bancaire. En 2026, le taux du paiement fractionné est à 3,5 %, comparable ou légèrement supérieur aux meilleurs taux immobiliers du marché. L’avantage du paiement fractionné : pas d’assurance emprunteur, pas de frais de dossier, procédure directe avec le Trésor. Inconvénient : garanties strictes exigées (hypothèque en général) et durée maximale de 5 ans (10 ans exceptionnellement).

Que se passe-t-il si aucun héritier ne peut payer les droits de succession ?

Trois solutions restent envisageables : la vente d’un ou plusieurs biens hérités pour libérer la trésorerie nécessaire, la renonciation à la succession (formalisée dans les 4 mois auprès du greffe du tribunal judiciaire) si l’actif net est trop faible, ou l’acceptation à concurrence de l’actif net, procédure qui limite la responsabilité de l’héritier à la valeur de l’actif hérité.

Les frais de notaire s’ajoutent-ils aux droits de succession ?

Oui, ce sont deux postes distincts. Les droits de succession sont dus à l’administration fiscale (impôt) selon le barème progressif. Les frais de notaire rémunèrent le professionnel pour la rédaction et l’authentification des actes (déclaration, attestation de propriété, partage). Sur un patrimoine standard, les frais de notaire représentent entre 1 et 5 % de l’actif brut selon les actes réalisés.

Peut-on renégocier les droits de succession avec l’administration fiscale ?

Non sur le principe : le barème des droits est fixé par la loi et non négociable. En revanche, il est possible de demander un délai de paiement supplémentaire en cas de difficulté avérée (paiement fractionné ou différé), ou de contester une évaluation d’actif jugée trop élevée (recours devant la Direction Générale des Finances Publiques). L’aide d’un avocat fiscaliste ou d’un notaire est vivement recommandée dans ces démarches.

Sources et références officielles

  • Code général des impôts, articles 641, 777, 779, 990 I, 1717, 1727 (Legifrance).
  • Loi n°2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (loi TEPA) : exonération conjoint et PACS.
  • Arrêté du 26 février 2016 fixant les émoluments notariés et modifications ultérieures.
  • Arrêté annuel fixant le taux d’intérêt pour paiement fractionné et différé (arrêté du ministre chargé du budget).
  • BOFiP-Impôts BOI-ENR-DMTG-10-40-10 (droits de succession) et BOI-ENR-DMTG-30-10 (paiement fractionné et différé).
  • Service-Public.fr — Fiches F14198 (déclaration succession) et F1737 (droits de succession).
  • Notaires de France (notaires.fr) — Fiches pratiques succession.
  • Ministère de l’Économie — Portail des impôts, section Successions.

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